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Prohom


Rédigé le Mercredi 13 Novembre 2013 à 19:04 | Lu 625 commentaire(s)


Artiste atypique au discours authentique et sans concession, Philippe Prohom vient de publier un nouvel album "Un monde pour soi", qui balance entre fatalisme et espoir.


Philippe Prohom - © LynnSK
Philippe Prohom - © LynnSK
Ton nouvel album, « Un monde pour soi », commence par le titre Comment lutter ? Que veux-tu précisément dire ou dénoncer dans ce titre un brin fataliste ?
Finalement je ne fais que poser des questions. Je ne dénonce rien en particulier. c'est juste le constat qu'aujourd'hui le monde marche à l'envers, qu'il est dirigé par un système contrôlé par l'argent ou des notions éculées comme l'idée de croissance par exemple. Et que du coup, en tant qu'entités humaines, il est pratiquement impossible de faire changer tout cela. On sent bien que les combats sont inégaux et ne sont finalement menés que pour la forme, qu'il y a en réalité très peu de moyens de tirer l'être humain vers le haut en le ré-accordant à la nature par exemple. Il est effarant de voir à quel point les choses de la nature sont ignorées au-delà des discours. Et les êtres humains conscients du carnage ne peuvent vraiment, en l'état, dans ce monde, pas faire grand chose à l'échelle de la planète. D'où la "réponse" à la fin de l'album : créer un monde pour soi, autour de soi, dans le réel, le plus bienveillant possible et espérer que peu à peu il y aura un écho à une plus grande échelle.

Quand on a connu un tube, comme Ça oublie d’aimer, comment s’en relève-t-on pour ne pas y être cantonné ?
Ce fut un tube tout relatif. Cette chanson n'est pas rentrée dans les classiques et ne passe plus en radio. Donc je ne m'y suis jamais senti cantonné. Par contre, c'est une chanson que je défend toujours et cela ne me dérangerait pas du tout qu'elle devienne un vrai "tube" et que mon nom y soit associé. Cela aurait été beaucoup plus difficile pour moi si Georges, qui est beaucoup passé à la radio aussi, avait fait un tube, car finalement c'est une chanson anecdotique pour moi, qui sert à faire la fête, là ou Ça oublie d'aimer a un vrai propos.


"Un artiste sombre ? Ça me fait sourire… Même si c'est vrai que je suis assez loin de la Compagnie Créole…"

On te taxe souvent d’artiste sombre et décalé. Quels sont les avantages et inconvénients qui peuvent résulter de ces deux termes ?
Vu ce qui se passe en concert, ça me fait sourire par rapport au terme "sombre". Mais bon je sais aussi ce que je chante et je vois bien que je suis loin de la Compagnie Créole. Mais c'est dur de se positionner par rapport à une notion d'avantage ou d'inconvénient. C'est un peu comme si on me demandait les avantages et les inconvénients à être moi-même ! Il est clair que je ne fais pas de l'entertainment qui plaît au plus grand nombre et dans mon son et ma proposition artistique, je ne m'inscris pas dans une époque ou une tendance et du coup, effectivement, je suis un peu "décalé". Perso, je n'y vois pas quelque chose de mieux ou moins bien. C'est juste ainsi, j'en suis conscient mais je n'ai pas envie pour autant de changer qui je suis et comment j'aborde la musique.

 Nouvel album, "Un monde pour soi" 
 Concerts les 15 novembre à "L'atelier" à Cluses (74), 
à La Boule Noire, Paris, 20-21 novembre 2013, et le 29 novembre au "Poche" à Béthune (62) 



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