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ROCKAWA
Rédigé le Jeudi 7 Novembre 2013 à 16:39 modifié le Samedi 9 Novembre 2013

Fortune


Devenu quartet à la faveur de son dernier album, un étincelant deuxième essai qui porte la synthpop au niveau des productions d'outre-Manche, Fortune pourrait bien séduire un public très large s'il continue sur sa lancée. Lionel Pierrès se colle au jeu des trois questions.


Fortune
Fortune est né des cendres d’Abstrackt Keal Agram. Ce dernier était plus pointu et moins grand public que Fortune. Partagez-vous ce point de vue et sauriez-vous identifier ce qui vous a fait changer d’orientation ?
Disons qu'Abstrackt était pointu de par son format : instrumental. Tu te coupes automatiquement d'une partie du public. Et puis AKA, c'était moi (Lionel) et Tepr, c'était une autre époque, d'autres influences. Voilà, maintenant, avec Fortune, on n'a pas l'impression de faire une musique moins pointue. C'est juste qu'on ne ferme pas la porte à qui/quoi que ce soit. On aime l'underground comme le mainstream. Ces clivages ont depuis longtemps volé en éclat. Le truc, c'est qu'en France, la « pop » (de populaire) est très mal considérée ou alors utilisée de manière très peu avant-gardiste. Il y a une sorte de complexe vis-à-vis du rock qui est assez fatiguant. En France on préfèrera toujours un morceau un peu pourri mal produit et mal interprété mais qui « véhicule un message » ou alors qui parle « de petites choses du quotidien ». Nous les « petites choses du quotidien », on s'en tape. On fait de la musique pour les raisons inverses. On prend quand c'est Pialat ou Bashung qui en parlent, parce qu'ils magnifient ça, mais sinon…

Vous êtes comparés à longueur d’articles dans la presse à Phoenix, d’autant plus facilement que Thomas Mars ne tarit pas d’éloge sur vous. Ce parallèle est-il encombrant, flatteur ou les deux ?
Les deux effectivement, on est flatté que Thomas Mars apprécie Fortune. On aime leur musique, mais également la façon qu'ils ont eue de gérer leur carrière. Après nous sommes français comme eux, nous faisons de la pop mais qui puise naturellement autant dans le R'n'B que l'électro. Si nous étions anglais ou américains, on nous comparerait certainement plus à Hot Chip ou MGMT. Ceci dit, on est fier de la culture musicale française, de Gainsbourg, Christophe, en passant par Cerrone ou des gens comme Jackson ou Poni Hoax. Beaucoup de groupes français actuels n'ont pas à rougir de la comparaison avec les Anglo-saxons. Les Anglais et Américains ne sont plus aussi impressionnants qu'auparavant vus d'ici.

« Blackboard » sort ces jours-ci. Comment caractériseriez-vous cet album ? Avez-vous évolué dans votre processus de création par rapport au précédent ?
Oui beaucoup, notamment avec l'arrivée dans le groupe de Vincent, qui est un très bon musicien et arrangeur. Il a d'abord rejoint le groupe sur scène lors de la tournée du premier album « Staring At The Ice Melt ». Mais il devenait de plus en plus évident qu'il devait intégrer totalement le groupe. On a depuis évolué vers quelque chose de plus écrit et joué. Le premier album tournait beaucoup autour de boucles rythmiques avec un son assez massif. Là, sur le nouvel album, « Blackboard », nous nous sommes tournés vers un son plus naturel, plus « léger ». Les influences sont aussi plus larges, beaucoup moins tournées vers les années 80 dans l'écriture, on a beaucoup ré-écouté des groupes des nineties comme Grandaddy ou Beck. Et aussi, donc, du r'n'b moderne, de Outkast à Frank Ocean.
 
Question bonus : Vous ne craignez pas d’être pénalisés par la taxe à 75% avec un nom pareil, Fortune ?
On aimerait beaucoup ! Et on ne déménagerait pas en Suisse. 



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