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ROCKAWA
Rédigé le Jeudi 27 Février 2014 à 14:04 modifié le Jeudi 27 Février 2014
Maxime Gurasy

De Calm


Après un premier album bien reçu par la critique en 2010 ("Le film définitif"), le duo toulousain constitué de Guillaume Carayol et Mickaël Serrano revient avec "Amour Athletic Club", dont la pop mélancolique et ambitieuse vogue loin des effets de mode. L'occasion pour Guillaume Carayol de se frotter aux 3 questions…


Quand on fait un premier album en 2010 qui s’appelle : « Le film définitif », doit-on en déduire qu’il n’est même pas la peine de composer un second opus ?

Je suis heureux de cette question car j'attache une immense importance aux titres d'albums, de livres ou de films. Je suis assez obsessionnel avec ça et je trouve que c'est un bon moyen de s'amuser. Quand j'entends titre éponyme, je pense immédiatement "panne d'inspiration" ou "gâchis". Bref, pour notre premier album, j'avais imaginé une théorie autour du "Film définitif" qui est d'ailleurs évoqué sur l'un des titres. Un film pouvait mériter le label "Film définitif" si celui-ci ne pouvait être interprété par un autre acteur que celui envisagé. Par exemple, "C'est arrivé près de chez vous" est un film définitif parce qu'aucun autre acteur que Benoît Poelvoorde ne pourrait interpréter son personnage comme il le fait. Idem pour "L'homme qui aimait les femmes" avec Charles Denner. En appelant "Film" un album, il y avait aussi une volonté d'ironiser et de brouiller les cartes. À tel point que dans une enseigne bien connue, je nous ai retrouvé au rayon Bande Originale de Film. Donc pour revenir à ta question, le choix d'appeler notre premier album ainsi ne remettait pas en cause le fait d'en faire d'autres mais peut-être de dire : "Bon, ok, ça, c'est un album concept sur le cinéma" mais pour les dix albums qui suivent, ce sera différent. Même si on ne s'interdit pas "Le Film définitif 2" (rires).
 

Dès le départ, il y a eu pas mal de comparaisons avec Daho ou Miossec : comment les avez-vous gérées, et surtout comment s’en affranchir ?

Les comparaisons sont inévitables. Lorsqu'elles sont flatteuses, on s'y fait et on peut même s'en servir de raccourcis auprès notamment des programmateurs. Je crois sincèrement que lorsqu'on débute, c'est difficile de ne pas être au plus proche des modèles. Quand je ré-écoute nos premières maquettes, je vois bien que je me prends pour Miossec. Je crois qu'avec Mickaël, mon alter-ego dans De Calm, nous avons beaucoup diversifié nos écoutes. On a élargi nos influences en gardant des balises. En ce qui me concerne, au niveau du chant, j'ai effectué un long parcours pour essayer de trouver une manière sincère et proche de ce que je suis, pour interpréter les textes. Ça parait basique de dire ça mais c'est quelque chose de pas évident. C'est quelque part essayer de se départir d'une pose chanteur qui peut s'avérer polluante. Parfois, je me dis : "Lui, il ne s'est pas départi de la pose chanteur, c'est pas bien..." (rires). Pour clore sur le chant, je dois également rendre hommage à Laurent Mercou, coach vocal au Studio des Variétés qui m'a vraiment libéré par rapport à tout ça. La direction vocale de Pierre Rougean sur le premier album et celle de Marc Denis sur le second y sont également pour beaucoup.
 

Votre bio dit que vous avancez « patiemment sur le sol verglacé de la chanson française », qu’est-ce que cela signifie au fond ?

C'est ce que je disais précédemment. C'est tellement casse-gueule. Que ce soit musicalement, textuellement ou encore au niveau du chant comme je l'expliquais, il est plus facile de se vautrer en chanson française qu'en anglais. Je trouve qu'il y a une poignée d'artistes qui arrivent à proposer tout un ensemble qui tienne la route. Et puis, c'est tellement fragile que d'un album à l'autre, tout est remis en cause. On peut se planter mais conserver respect et niveau d'exigence par rapport à ce qu'est une chanson, c'est primordial. Le côté "patient", c'est aussi quelque chose qu'on revendique avec Mickaël et l'ensemble du club De Calm. Personne n'est à l'abri d'un succès mais à choisir, on préfèrerait faire plusieurs albums avec une courbe d'attention de la part du public et de la critique plus progressive que fulgurante. La patience est la qualité de celui qui sait attendre calmement...

 Nouvel album, "Amour Athletic Club" 

 




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